Drainage thoracique

L’épanchement péricardique :

L’épanchement péricardique consiste en un liquide qui s’accumule entre les feuillets (viscérale et pariétale) du péricarde. Comme le péricarde est non extensible, le liquide accumulé empêche le cœur de bouger et donc de pomper le sang. Lorsqu’il le comprime trop : c’est la tamponnade, le cœur n’arrive plus à se remplir pendant la diastole.

Signes de l’épanchement péricardiques : tachycardie, détresse respiratoire, turgescence des jugulaire, baisse de l’état général.

Le pneumothorax :

De l’air s’accumule entre les deux feuillets de la plèvre, le poumon s’affaisse. Le danger est d’autant plus grand si l’air qui s’engouffre ne peut pas ressortir : c’est le pneumothorax sous tension. L’augmentation de la pression thoracique gêne le retour veineux au cœur, entraînant un arrêt cardiaque.

Signes du pneumothorax sous tension : apparition brutale des signes cliniques, hypotension, turgescence des jugulaires, diminution des bruits respiratoires.

On peut effectuer une pleurodèse : on administre de l’urokinase pour recoller les plèvre (comme avec le talcage)

L’épanchement pleurale :

Un liquide (sang, chyle, liquide inflammatoire, liquide séreux par surcharge gauche, pus) s’infiltre entre les deux feuillets de la plèvre.

Le chylothorax :

Lors de chirurgie thoracique, on peut léser le canal thoracique ou une des branches qui passe dans le médiastin. Le canal thoracique transporte les graisses digestives vers le système veineux. Son débit varie en fonction de l’alimentation. Le chylothorax est d’apparition tardive (j7) et s’aggrave progressivement. Le chyle contient des graisses (lipides), des protéines, des électrolytes et des lymphocytes.

On observe chez le patient une baisse des graisses et de lymphocytes dans le sang. Ce sont d’ailleurs ces deux éléments qu’on recherche au laboratoire dans le liquide collecté.

Le chylothorax doit être drainé. On change le régime alimentaire du patient : il ne reçoit plus de graisses à chaînes longues, mais des graisses à chaînes moyenne (car elles sont directement absorbées dans le sang puis transporté au foie, sans passer par les voies chylifères. On donne de l’Ocréotide afin de diminuer la production de chyle, et pour renforcer l’immunité, on peut donner des immunoglobulines. Enfin, la chirurgie reste comme traitement en cas d’échec.

Drainage pleural :

Il permet de rétablir la pression négative, et de ramener le poumon à la paroi thoracique.

Compression pulmonaire

Compression cardiaque

Hypoxie

Hypercapnie

Tachypnée, dyspnée

SRD

Bruits respiratoires diminués

Mouvements thoraciques asymétriques

Essoufflement

Tachycardie

Douleur thoracique

Signe de décompensation cardiaque droite : turgescence des jugulaires, hépatomégalie douloureuse.

Tamponnade péricardique : tachycardie, pouls paradoxal, agitation, désorientation, somnolence.

 

Différents types de pouls :

Pouls paradoxal : pouls absent ou en diminution à l’inspiration chez le patient qui présente une compression péricardique, en présence de battement cardiaque audible à l’auscultation.

Pouls filant : pouls à peine perceptible

Dissociation électromécanique : absence de contraction cardiaque malgré une activité mécanique : le pouls est absent.

Préparation à la pose d’un drain :

Expliquer le geste au patient, le placer en décubitus dorsal. Prévoir une antalgie et analgésie locale. Le patient doit être monitoré (cardiaque et respiratoire). On doit avoir du volume à disposition. La crase doit être corrigé et les héparines stoppées deux heures avant le geste. Il faut préparer le matériel nécessaire.

Une fois le drain posé, on effectue un contrôle radio pour vérifier son positionnement. On ausculte la patient, et on fait le pansement.

On calcule également le niveau de tolérance pour les pertes. Après la pose d’un drain, si le patient perd :

  • 5ml/kg directement après la pose du drain : un retour au bloc est à prévoir
  • 2,5% du volume circulant (0.025*80ml/kg soit 2ml/kg) : on peut compenser les pertes selon OM

Si le drain est posé au bloc, on suit la procédure habituelle (toilette Bétadine si + 6 mois, ou lifosrcub si – 6mois), pas de vernis, lit propre, isolement, bilan sanguin (crase, groupe et RAI, ionogramme), le bracelet du patient, chemise de bloc propre, mise à jeun. Il faut prend des étiquettes, le dossier médical du patient, la feuille d’anesthésie, les consentements.

On prépare une analgésie efficace (PCA : vérifier le débit, prévoir des bolus de kétamine et autre).

Soins et surveillance d’un drain :

Drains :

  • P : Perméabilité
  • I : Irréversibilité du liquide
  • E : Etanchéité du système
  • D : Déclivité du système
  • S : Stérilité

Site du drain : fils, suture et bourse, écoulement, qualité du pansement

Liquide drainé : qualitatif et quantitatif, présence de bulle d’air

Ablation des drains :

Se référer aux protocoles.

Arrêt des anticoagulants selon OM (seul la liquemine thérapeutique s’arrête normalement 6h avant le geste).

Le patient doit rester 2h dans le service après l’ablation des drains. On surveille les signes vitaux, on ausculte au niveau pulmonaire, et le pansement.

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