Les apports néonataux

Prise de poids et calories :

Un enfant a les mêmes besoins in utero que ex utero pour assurer sa croissance. Il doit prendre entre 15 et 20g/kg/j au niveau de sa prise pondérale.

En termes d’énergie, ça correspond à des besoins se situant entre 110 et 130kcal/kg/j

Il est important d’assurer un apport calorique suffisant, car l’enfant prématuré a un développement cérébral très poussé jusqu’à la 38ème semaine. Il créé 200’000 neurones par secondes ! Et en cas d’apport qualitatif et quantitatif insuffisant, la formation du cerveau est compromise. Les études ont démontré qu’une mauvaise alimentation entraine des altérations anatomiques du cerveau (moins de neurones, moins de volume cérébral etc.).

Apports néonataux :

Par conséquent, dès qu’un enfant prématuré naît, on va assurer un apport en calorie suffisant en parentérale. La voie parentérale est préférée en raison de l’immaturité digestive chez les prématurés.

On donne des APT J0 à la naissance car elles contiennent du glucose (10.8%), et des acides aminés, et pas d’électrolytes ! Elles contiennent aussi de l’héparine. A cause de l’osmolalité (950mmosm/L), les APT J0 ne se passent que sur voie centrale. Si on n’a pas d’autre accès veineux, on donne du glucose par les veines en périphérique.

Les APT J1-J4 sont semblables à l’APTJ0, mais elles contiennent en plus des électrolytes. On ne donne pas d’électrolytes le premier jour car on attend la première miction du nouveau-né pour éviter l’accumulation.

Le premier jour de vie, on donne 20ml/kg/j en per os aux enfants, et 60ml/kg/j en iv (on peut monter jusqu’à 80ml/kg/j). On alimente systématiquement les bébés pour mettre en route la fonction digestive chez les prématurés. Il s’agit du « Priming ».

Un prématuré devrait recevoir au minimum 4,5mg/kg/min, et on vise plutôt 6mg/kg/min. On prend en considération les apports IV mais aussi PO. Cela veut dire aussi que les médicaments IV dilués dans du NaCl0,9%, qui ne contiennent pas d’énergie (glucose ou lipide), qu’on déduit des apports IV totaux, diminuent les apports en glucose administrés au patient.

Cela signifie qu’on doit diminuer absolument les flushs inutiles (on peut demander à la pharmacie de splitter en deux une ATP personnalisée au moment de la commande), utiliser des lipides.

Calculs d’apports :

Substance Equivalant énergétique
1g de glucose 4kcal
1g de lipide 9kcal
100ml de lait maternel ≈70kcal
100ml de lait prématuré 80kcal
100ml de LM enrichi 87.4kcal
100ml de lait premier âge 66kcal

Lorsqu’on donne des lipides, on en donne 3,5g/kg/j. (Lipofundin 20% = triglycérides à chaine moyenne).

Précautions :

Lorsqu’on administre une NTP par KTVO, ce dernier doit absolument être placé en pré ou post hépatique, et en aucun cas en intra ! C’est pourquoi il faut bien vérifier son emplacement.

Le sevrage d’une NTP ou perfusion débute à au moins 5jours de vie, pour que l’enfant ai au moins 100ml/kg/j d’apport PO. Si l’enfant est âgé de plus de 33-34semaines, on peut envisager un sevrage plus tôt.

A la naissance, on ne donne pas immédiatement 140 ou 160ml/kg/j d’apport totaux, afin d’éviter une surcharge cardiaque qui favoriserait la réouverture du canal artériel.

Choix du lait :

Age gestationnel Prématuré (<37sa) Bébé à terme, ou prémat (+37sa)
Allaité Non allaité Allaité Non allaité
1ers jours de vie LM + PM PM LM + HA Lait 1er âge
+10j de vie, avec cassure de la courbe de poids LM+FM5%

LM+FM5%

+DM+Liquigen

PM+DM+Liquigen

PM+DM+Liquigen

Lorsque l’enfant est à apport complet, en enrichissant le lait maternel avec du FM5%, on augmente de 15% son apport calorique !

Le lait pour les enfants prématurés, ou le lait maternel enrichie, contiennent davantage de calcium, de phosphore, magnésium.

  • Le FM :

Facile a digéré et peu allergène, il contient du maltodextrine (source d’énergie rapide), apporte des sels minéraux, et du calcium et phosphore pour une bonne minéralisation osseuse. Il apporte également des vitamines.

A la sortie d’un bébé, une règle simple permet aux parents de savoir quelle quantité de lait doit prendre un enfant à terme :

[(Poids de l’enfant en g)+250ml]/le nombre de repas.

Hypoglycémie :

Critères d’urgences d’une hypoglycémie :

  • Si symptomatique : signes centraux (trémulation, irritabilité, apnée, convulsion, apathie, hypotonie)
  • Si l’hypoglycémie est prolongée plus de 4h (risques de lésions cérébrales !)
  • Si hypoglycémie < 1,5mmol/l

Sevrage de perfusions :

Il y a deux vitesses pour le sevrage des perfusion (G10% ou NTP). Il existe :

  • Un schéma rapide, pour les enfants ayant eu des hypoglycémies de type « hyperinsulinisme » (dans un contexte de diabète maternel)
    • On effectue un sevrage rapide et on contrôle qu’il y ait 3 glycémies normales après l’arrêt de la perfusion
  • Un schéma lent pour les enfants type « manque de stock » (RCIU, prématurité, situation de consommation excessive)
    • On diminue alors de 1à 2mg/kg/min l’apport en sucre chaque 3 à 4h avec contrôles glycémiques.
    • Après la fin de la perfusion, il doit y avoir au moins 3 glycémies préprandiales normales espacées de 3-4h

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